— Sir Walter Lampson, colonelen retraite de l’Armée des Indes !

Il accompagna sa propre présentationd’un petit salut sec et d’un geste qui désignait la banquette.

— Monsieur ?… questionnale commissaire tourné vers Willy.

— Un ami… Willy Marco…

— Espagnol ?

Le colonel haussa les épaules.Maigret scrutait du regard le visage manifestement israélite du jeune homme.

— Grec par mon père… Hongroispar ma mère…

— Je me vois obligé de vousposer un certain nombre de questions, sir Lampson…

Willy s’était assis avecdésinvolture sur le dossier d’une chaise et se balançait tout en fumant unecigarette.

— J’écoute !

Mais, au moment où Maigret allaitparler, le yachtman prononça :

— Qui est-ce qui a fait ?On sait ?

Il parlait de l’auteur du crime.

— On n’a rien découvert jusqu’àprésent. C’est pourquoi vous serez très utile à l’enquête en me renseignant surcertains points…

— Avec corde ? fit-il enportant la main à son cou.

— Non ! L’assassin ne s’estservi que de ses mains. Quand avez-vous vu Mrs Lampson pour la dernièrefois ?

— Willy…

Willy était décidément l’homme àtout faire, à commander les boissons et à répondre aux questions posées aucolonel.

— A Meaux, jeudi soir… dit-il.

— Et vous n’avez pas signalé sadisparition à la police ?

Sir Lampson se servait un nouveauwhisky.

— Pourquoi ? Elle faisaitce qu’elle voulait, n’est-ce pas ?

— Elle s’éclipsait souvent dela sorte ?

— Quelquefois…

L’eau crépitait sur le pont,au-dessus des têtes. Le crépuscule faisait place à la nuit et Willy Marcotourna le commutateur électrique.

— Les accus sont chargés ?lui demanda le colonel en anglais. Ce ne sera pas comme l’autre jour ?

Maigret faisait un effort pourdonner un sens précis à son interrogatoire. Mais il était sollicité sans cessepar des impressions nouvelles.



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